FINANCE ISLAMIQUE SUR Halalparadise
Présentation de la Finance islamique et ses principes.
Marquant sa naissance dans les années 70, aidé par le boom pétrolier des pays d’Orient, adeptes de la loi coranique, qui a permis de donner un nouvel aspect du monde musulman, la finance islamique est basée sur le droit musulman qui interdit notamment l'intérêt et demande que les investissements réalisés soient socialement responsables.
Elle connaît aujourd’hui un succès appelé à se pérenniser au regard d’une forte présence de liquidités dans un certain nombre de pays musulmans, et d’une réelle demande pour des produits compatibles avec la Charia.
La Charia, la loi islamique qui s’appuie notamment sur les écritures du Coran et les paroles du Prophète (sws), apporte un cadre normatif à différents aspects de la vie des musulmans.
En particulier, elle édicte cinq grands principes sur le rapport des musulmans à l’argent :
- l’interdiction de l’intérêt (Riba)
- le partage des profits et des pertes entre le prêteur et l’emprunteur
- l’interdiction de l’incertitude et du hasard (Gharar), notamment la spéculation
- l’existence d’un actif sous-jacent, soit l’obligation d’adosser tout placement à un actif réel
- l’interdiction des actifs illicites (Haram), déterminés comme tels par le secteur d’activité et la situation financière de l’entreprise.
Chaque institution financière est dotée d’un conseil de la Charia (Charia Board) composé d’experts (érudits, juristes, économistes) qui rendent des avis mis sur le marché. De plus, des audits (internes et externes) sont régulièrement réalisés afin de valider le respect des principes islamique
Interdiction de l’intérêt.
Un des éléments du principe fondamental de la finance islamique réside dans la prohibition du prêt à intérêt, ce n’est pas une spécificité de l’islam, puisque cette interdiction était exhortée par le christianisme et le judaïsme par le passé.
L’islam interdit les transactions tant civiles que commerciales faisant recours à l'intérêt (financement avec rémunération fixe) et prône plutôt le partage équitable des risques et des bénéfices entre les parties prenantes d’une relation commerciale.
Pour permettre le financement de l’économie et faciliter les relations commerciales qui ont trait dans toute société, la finance islamique met en avant certains mécanismes d’ingéniérie financière respectant la loi islamique (Halal) :
- mousharaka, contrat classique d'association selon lequel plusieurs investisseurs financent un projet à l’aide de fonds propres. Les bénéfices sont partagés selon un taux pré-établi. Les pertes sont réparties selon le niveau de participation au capital.
- mourabaha, contrat très répandu dans les banques islamiques, opération financière d’achat-vente (contrat de vente) selon lequel le coût d’achat, la marge bénéficiaire et l’échelonnement de versement éventuel sont précisés préalablement.
- moudharaba, partenariat selon lequel une partie apporte les fonds (Rab al mal) et l’autre l’expérience, la gestion et le savoir-faire (le Moudharib). Le bénéfice réalisé est partagé entre les deux partenaires sur une base convenue d’avance, mais les pertes en capital sont assumées par le seul bailleur de fonds.
- ijara, sorte de crédit-bail, c’est un mode de financement selon lequel une institution financière acquiert des immobilisations ou une propriété (immeuble, maison,…) puis en cède l’usufruit à un bénéficiaire (particulier, entreprise) qui effectue des paiements périodique tout au long du contrat.
- takafoul, forme de contrat d’assurance mutuel, les signataires de ce genre de contrat détiennent les fonds, la compagnie « takafoul » jouant le rôle de gestionnaire et se rémunérant par le biais de commissions ; ainsi, les assurés mutualisent les risques et répartissent les pertes éventuelles.
- soukouk, forme d’obligation, c’est un produit à échéance fixe, dont le risque n’est que quasi-nul il est adossé à un actif (sous-jacent tels que l’ijara, la musharaka…) permettant une rémunération sous forme de part de profit.
Un investissement socialement responsable.
L’investissement islamique que suit le croyant sur le chemin de l'Islam est différent de l’investissement dit éthique car il interdit l’utilisation de l’intérêt comme mode de rémunération pour l’épargnant ou le prêteur.
En outre, afin de rester conforme au droit musulman, un autre des éléments du principe fondamental de la finance islamique repose sur le secteur d’investissement en question.
La liste des activités proscrites est variable et inclut :
la filière porcine
l’alcool
l’industrie financière
la pornographie
les jeux de hasard
l’armement
le tabac
l’industrie des loisirs
Etendue de la Finance islamique.
Longtemps après s’être cantonné à un marché potentiel de 1,5 milliards de musulmans, le système bancaire islamique intéresse désormais des acteurs du monde entier.
Aujourd'hui, Al Rajhi Bank (Arabie Saoudite), Kuwait Finance House ou encore Maybank Islamic (Malaisie) concurrencent des établissements occidentaux comme Barclays, HSBC et la Deutsche Bank qui connaissent une croissance annuelle à deux chiffres supérieur à 12%, faisant de la finance islamique une classe d’actifs à part entière à l’échelle mondiale.
La ruine des marchés financiers dans les pays de l'OCDE pourrait conduire les Etats à revoir leur positions en la matière, or, les institutions financières islamiques peuvent jouer un rôle de premier plan dans le rétablissement de la confiance et soutenir l’intégrité du système financier.
Plusieurs banques ont même créé des services distincts spécialisés en finance islamique sur leurs marchés nationaux. Le Royaume-Uni, illustre bien l’exemple en ayant créé la FSA (Financial Services Authority) qui compte un département spécialisé pour les établissements financiers islamiques.
En outre, la clientèle de certaines banques islamiques se compose pour moitié de non musulmans.
De nature moins risquées les banques islamiques sont, par définition, assimilées à des établissements financiers plus rassurants que les banques conventionnelles au vu des turbulences des marchés financiers mondiaux, et elles présentent plusieurs caractéristiques intéressantes, notamment en matière de gestion des risques, de transparence ou de régulation.
Les instruments de la finance islamique ont moins subi les effets de la tourmente. La nature de ce type de finance interdit par principe tout investissement risqué. Bien que le système ne soit pas complètement à l’abri des tendances mondiales, l’industrie de la finance islamique va continuer de croître à mesure que de nombreuses nations du monde entier s’intéresseront au modèle de la banque islamique.
Selon le magazine britannique The Banker du 5 novembre 2007, les dix premières sont :
- la banque Melli (Iran ; 35,5 milliards de dollars d'actifs conformes à la charia)
- la Saderat (Iran ; 34,8)
- la compagnie Takaful IBB Berhad (Brunei ; 31,5)
- la banque Al Rajhi (Arabie saoudite ; 28,1)
- la banque Mellat (Iran ; 25,1)
- l'AmIslamic Bank Berhad (Malaisie ; 22,3)
- la Kuwait Finance House (21,8)
- la banque Tejarat (Iran, 18,9)
- la Dubai Islamic Bank (17,5)
- la banque Blom (Liban, 14,2).
Le classement n'intègre pas les départements de finance islamique des banques internationales, sauf la filiale du groupe HSBC, Amanah, basée à Londres, la seule à avoir divulgué le montant de ses actifs (9,7 milliards), ce qui en fait la quatorzième du secteur. La banque Saudi Fransi d'Arabie saoudite, filiale à 31,1 % de Calyon (groupe Crédit agricole), qui en assure le management, se place en dix-huitième position (7,3 milliards de dollars).
La finance islamique échelle mondiale.
Les premières grandes banques islamiques sont Islamic Development Bank, Dubai Islamic Bank et Albaraka Banking Group.
Le développement de celles-ci s’inscrit dans une démarche logique qui consiste à répondre à une réelle demande du monde musulman, au développement et la promotion de nouveaux moyens de financements en conformité avec la Charia.
Au début des années 80, deux Etats ont introduit officiellement à grande échelle les pratiques de la finance islamique : l'Iran (1983), de manière presque radicale, le Pakistan (1979), d'une façon plus progressive.
Par la suite, les établissements financiers islamiques se sont multipliés dans les pays majoritairement musulmans dés 1983 ; en Arabie saoudite, au Bahreïn, Égypte, aux Émirats arabes unis, en Malaisie, au Sénégal…
Aujourd'hui, les institutions financières islamiques ont aussi fait leur apparition dans des pays non musulmans, mais où vit une minorité musulmane relativement importante et en expansion. Les banques islamiques ont plus de 300 institutions réparties sur 51 pays, en plus de 250 fonds communs de placement qui se conforment aux principes islamiques.
La finance islamique échelle européenne.
L’essor de la finance islamique est un phénomène auquel ne peut pas échapper l’Europe. Aujourd’hui, la finance islamique opère dans près de 80 pays et près de 200 institutions financières gèrent entre 600 et 800 milliards de dollars. En une trentaine d’années, le système, basé essentiellement en Egypte et dans le Golfe, est devenu une industrie, prospérant surtout à Bahreïn et dans les Emirats arabes unis.
L’Europe avec près de 25 millions de musulmans constitue également un marché en soi, Londres étant actuellement le centre Européen de la finance islamique.
La législation britannique tient compte de la taxation des opérations de financement islamiques afin d'éviter un effet de double taxation. Le dispositif bancaire britannique compte, en 2008, trois banques pleinement islamiques : l'Islamic bank of Britain, l'European Islamic Investment Bank et la Bank of London and Middle East.
Le Royaume-Uni créé des émules, les départements de finance islamique des banques internationales telles que Citigroup, HSBC, UBS, BNP Paribas ou Calyon ont ouvert en Europe à dés 1996.
2008 voit la France accueillir avec intérêt la finance islamique surtout avec une première initiative réussie sur l'île de la Réunion où la Société générale a élaboré un produit financier en adéquation avec la loi coranique, qu'elle a distribué via sa filiale la BFCOI, une table ronde au Sénat consacré à la finance islamique et un engagement personnel de Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances à l’époque.
Cadre et organismes de réglementation.
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Le Conseil des services financiers islamiques (IFSB)
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L'Organisation de comptabilité et d'audit des institutions financières islamiques (AAOIFI)
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Le Marché financier international islamique (IIFM)
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Le Fonds Monétaire International (FMI) peut travailler sur des aspects liés à la finance islamique (notamment dans son Programme d'évaluation du secteur financier - PESF)
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Le Conseil de la Charia (Sharia Boards)
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Les différentes écoles jurisprudentielles sunnites, à savoir :
– L’école Hanafi (Asie centrale - Pakistan, Turquie...) ;
– L’école Hanbali (Moyen Orient - Arabie Saoudite) ;
– L’école Maliki (Afrique - Maroc, Mauritanie, Algérie, Tunisie, Libye,
Sénégal, Mali, Emirats Arabes Unis) ;
– L’école Chafii (Asie du Sud Est notamment Malaisie).
Il est possible de voir le conseil de la Charia d’une banque accepter une technique financière alors qu’un autre conseil d’une autre banque le refuse catégoriquement. Malgré les efforts d’harmonisation et de standardisation on constate qu’il existe toujours des divergences et des opérations controversées.
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